Projet du lac

Projet d’identification, registre et valorisation du patrimoine culturel dans le bassin du Lac Titicaca, Bolivie.

OBJECTIF
Contribuer à l’amélioration de la gestion communautaire du patrimoine culturel du bassin du lac Titicaca bolivien et promouvoir le développement du tourisme culturel communautaire.

OBJECTIF SPÉCIFIQUE
Le patrimoine culturel archéologique subaquatique et des rives du Lac Titicaca bolivien, appartenant aux municipalités priorisées est identifié, enregistré, caractérisé, valorisé et conservé ; et les capacités de gestion et les bénéfices économiques des acteurs locaux sont renforcés.

RESULTATS ESPÉRÉS

  • Le patrimoine culturel subaquatique et terrestre associé, situé dans les espaces priorisés, a été identifié et enregistré via des techniques archéologiques spécifiques.
  • Le patrimoine archéologique culturel est protégé avec des outils juridiques et de gestion intégrale.
  • Les Gouvernements Autonomes Municipaux et les communautés liées au patrimoine culturel archéologique des municipalités priorisées ont des capacités et instruments pour la gestion touristique de son patrimoine culturel qui incorpore le genre comme axe transversal.
  • Le patrimoine matériel et immatériel des communautés est revalorisé, documenté et diffusé à travers une plus grande connaissance de ses cultures ancestrales et le résultat des investigations.

Ce projet inclu comme transversale, la perspective de genre

FICHE TECHNIQUE

Bailleurs de fonds : Royaume de Belgique ; État Plurinational de Bolivie ; Ministère des Cultures et du Tourisme

Mise en œuvre : Ministère des Cultures et du Tourisme ; CTB, Agence Belge de Développement

Municipalités priorisées : 1) Copacabana, 2) Escoma, 3) Guaqui, 4) Pucarani, 5) Santiago de Huata, 6) San Pedro de Tiquina, 7) Ancoraimes, 8) Batallas, 9) Puerto Carabuco, 10) Puerto Acosta, 11) Tito Yupanqui, 12) Tiahuanacu et 13) Puerto Pérez.

Début du Projet : Premier trimestre 2016

Durée du Projet : Jusqu’au 30/06/2019

Budget : Apport Belge : 1.500.000 Euros ; Apport local : Bs 768.252.68 (99.706 Euros)

Le 12 novembre 2015, l'État plurinational de Bolivie et le Royaume de Belgique ont signé la Convention Spécifique pour le Projet d'identification, d'inventorisation et de valorisation du patrimoine culturel dans le bassin du lac Titicaca, en Bolivie. Ci-après dénommé "Projet du Lac".

L'objectif global du Projet du Lac est de contribuer à l'amélioration de la gestion communautaire du patrimoine culturel du bassin bolivien du lac Titicaca et de promouvoir le développement du tourisme culturel communautaire.

L'objectif spécifique du Projet du Lac est d'assurer que le patrimoine culturel archéologique subaquatique et littoral du lac Titicaca en Bolivie, appartenant aux Municipalités prioritaires, soit identifié, enregistré, caractérisé, valorisé et conservé ; et que les capacités de gestion et de développement économique des acteurs locaux soient renforcées.

Les résultats escomptés du Projet du lac sont les suivants :

  • Résultat 1 : Le patrimoine culturel subaquatique et littoral situé dans des zones prioritaires a été identifié et enregistré grâce à des techniques archéologiques spécifiques.
  • Résultat 2 : Protection du patrimoine archéologique culturel à l'aide d'outils juridiques et de gestion globale.
  • Résultat 3 : Renforcement des actions liées au patrimoine culturel archéologique des Municipalités prioritaires, des gouvernements municipaux autonomes et communautaires, avec des capacités et des instruments pour la gestion touristique de leur patrimoine culturel, qui intègrent le genre comme axe transversal.
  • Résultat 4 : Amélioration, documentation et diffusion du patrimoine matériel et immatériel des communautés grâce à une meilleure connaissance de leurs cultures ancestrales et des résultats de leurs recherches.

Le Projet du Lac a une durée de 3 ans et un budget total de 1 599 706 millions d'euros. Le Projet sera exécuté conformément à la réglementation belge dans les 13 Municipalités prioritaires du Projet : Guaqui, Tiahuanaco, Escoma, Puerto Acosta, Carabuco, Ancoraimes, Batallas, San Pedro de Tiquina, Tito Yupanqui, Copacabana, Puerto Perez, Pucarani, Santiago de Huata.


La Coopération Technique Belge-Enabel

La Coopération Technique Belge-Enabel (CTB – Enabel) est l'agence de développement belge qui soutient la mise en œuvre de programmes de développement au nom de l'Etat belge et d'autres bailleurs de fonds dans 14 pays à travers le monde afin d'éliminer la pauvreté et de parvenir à un développement durable. La CTB met à la disposition de ses partenaires son expertise, ses ressources humaines et financières. La transparence et l'intégrité sont les principes de base de ses activités.

Le CTB cherche à faire en sorte que les hommes et les femmes vivent dans le respect de la primauté du droit et bénéficient d'un accès égal à des services publics de qualité et de la liberté de poursuivre leurs aspirations.

Le CTB - Enabel :

  • promeut l'agriculture familiale durable pour améliorer la sécurité alimentaire et contribuer à une croissance économique inclusive,
  • soutient l'utilisation des technologies numériques pour encourager le développement et permettre aux populations les plus vulnérables de fournir de meilleurs services aux citoyens, 
  • cherche à garantir l'accès à l'eau et à l'assainissement de base afin d'améliorer la santé publique, l'environnement, l'équité entre les sexes et l'économie, 
  • promeut des programmes d'éducation dans le cadre du développement économique et personnel,
  • augmente l'accès des familles, des entreprises et des institutions à l'énergie afin d'améliorer la vie des populations,
  • vise à renforcer l'égalité des droits des femmes et des hommes,
  • promeut des programmes de santé pour s'assurer que les populations concernées contribuent au développement de leur pays.

De cette façon, la CTB travaille à la réalisation d'une société qui offre aux générations actuelles et futures tous les moyens nécessaires pour construire un monde juste, équitable et durable.

La coopération belge a commencé ses activités en Bolivie en 1974 avec des actions liées aux priorités locales et a réussi à développer des programmes qui répondent aux besoins de développement du pays, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté, au progrès dans la recherche d'un développement durable et à la réduction des inégalités.

Le CTB est responsable de la mise en œuvre des projets de coopération avec le gouvernement de l'État plurinational de Bolivie. Les actions prioritaires en Bolivie concernent les secteurs de la santé, de l'environnement et de l'eau, du développement rural et de l'interculturalité, en mettant l'accent sur l'intégration de l'approche en genre et du changement climatique, la recherche de la durabilité et le renforcement des compétences individuelles et institutionnelles.


Antécédents du Projet

Le Projet du Lac trouve son origine dans le Projet Huiñaimarca qui était un projet de recherche doctoral dirigé entre 2012 et 2015 par le Dr. Christophe Delaere de l'Université libre de Bruxelles (ULB) à travers le Centre de Recherche en Archéologie et Patrimoine (CReA-Patrimoine) et qui s'est concentré exclusivement sur l'étude et la mise en valeur du patrimoine subaquatique du Lac Titicaca en Bolivie. Ce projet, qui visait à valoriser ce patrimoine inconnu, proposait un plan pluriannuel avec des études systématiques du contexte de conservation archéologique subaquatique du lac Titicaca, en étroite collaboration avec le Ministère de la Culture, l'UDAM, les communautés locales et les Municipalités.

Le projet de recherche s'est concentré sur l'étude d'une culture pré-Inca, Tiwanaku, dont les phases d'apparition, de transformation et d'achèvement étaient intrinsèquement liées aux facteurs paléoenvironnementaux qui ont marqué le rythme de l'histoire de l'occupation du bassin du lac Titicaca. En 2012, il y a eu des opérations de prospection géophysique et d'étalonnage de SONAR dans le lac Titicaca (Huiñaimarca 2012 - Projet PH12). En 2013, M. Christophe Delaere a présenté le projet susmentionné au Ministère de la Culture et du Tourisme de l'État plurinational de Bolivie. La même année, les premières opérations de prospection et de fouilles archéologiques subaquatiques ont commencé dans le lac Titicaca (Huiñaimarca 2013 - Projet PH13). Ce projet était composé d'une délégation de chercheurs de différentes nationalités et spécialités. Il s'est concentré sur l'identification des différentes composantes du dossier archéologique subaquatique. Les résultats des fouilles sur le site archéologique "Khoa" ont montré la taille et la qualité du patrimoine submergé. La recherche a publié des données préliminaires sur les fluctuations historiques du niveau d'eau dans le lac qui ont montré qu'autour de 900 après Jésus-Christ les eaux étaient 6 mètres en dessous du niveau actuel, ce qui signifie que les rives actuelles se trouvaient à plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres. Par la suite, en 2014 (Huiñaimarca 2014 - Projet PH14), une troisième campagne d'exploration a été menée, principalement dans la Municipalité de Copacabana, et en parallèle, un important travail de conditionnement et de conservation des résultats de l'année précédente a été réalisé. Ce projet de doctorat a donné naissance au Projet d'identification, d'inventorisationt et de valorisation du patrimoine culturel du bassin lacustre du Titicaca, qui a été présenté lors de la Commission bolivienne belge de février 2014 avec l'accord de son financement par la Coopération belge.

Resultats 2017

Le Projet du Lac complète des avancements pour la consolidation de ses activités dans les 13 municipalités prioritaires du bassin du Titicaca. Plus bas, nous proposons un bref résumé des activités menées à ce jour et d’autres qui sont en cours d’exécution.

1. L’archéologie sous-marine

À ce jour, le Projet du Lac a effectué des recherches archéologiques, de prospection et de fouilles subaquatiques dans 11 municipalités prioritaires : 4 en 2016 (Copacabana, Santiago de Huata, Escoma et Carabuco) et 7 en 2017 (San Pedro de Tiquina, Batallas, Puerto Perez, Pucarani, Tiahuanaco, Guaqui et Tito Yupanqui). Celles-ci étaient à la charge de Christophe Delaere en représentation de l’ULB et le bolivien Marcial Medina. 

2. Enregistrement archéologique terrestre

L’enregistrement du patrimoine archéologique terrestre qui se trouve dans les rives du Lac Titicaca, a commencé avec trois des 13 municipalités prioritaires. Cette activité a été conclue dans les municipalités de Tiquina (Santiago de Ojje, Ojjelaya, Lupalaya, Silaya, etc.), Tito Yupanqui et Copacabana (Chisi, Chachapoya, Kollasuyo, Belén, Santa Ana, Sampaya, Sicuani, Titicachi, entre autres).

3. Processus d’installation du centre de gestion régional du patrimoine et de promotion du tourisme communautaire à San Pablo de Tiquina

Avec une grande attente, le président du Conseil municipal de Tiquina Florián Intimayta et le député David Yujra ont reçu une commission du Projet du Lac qui a visité une infrastructure le 6 novembre, avec l’objectif de voir les conditions du site pour une potentielle installation du centre de gestion dans cette municipalités. Avant l’installation du centre, aura lieu une réunion avec les autorités municipales des 13 municipalités pour définir les aspects techniques, financiers, juridiques et administratifs relatifs à sa mise en œuvre. 

4. 13 des 13 GAMs prioritaires ont promulgué leurs lois

Après de longues journées de travail soutenu et une saine concurrence, tous ont adopté et promulgué des lois de protection du patrimoine culturel archéologique. C’est-à-dire 13 des 13 municipalités prioritaires disposent d’une loi et 5 d’outils juridiques supplémentaires pour la gestion du patrimoine, c’est-à-dire 100 %.

5. Conservation et préservation de sites d’urgence dans 10 GAMs

Sont en cours de préparation des termes de référence pour mener des campagnes de conservation et de préservation du patrimoine culturel archéologique dans plusieurs municipalités du Projet du Lac. Pour développer cette activité, un spécialiste en archéologie a effectué le diagnostic pour déterminer les espaces qui seront conservés et préservés. 

6. Équipement de l’UDAM du ministère

Le Projet du Lac a effectué le renforcement de l’Unité d’Archéologie et de Musées (UDAM) avec un équipement moderne pour l’enregistrement des cartes et documentaires du patrimoine archéologique national à sa charge, ainsi que le développement des capacités de gestion spécialisée dans le patrimoine pour son personnel technique et professionnel. 

7. Délivrance de Plans municipaux de tourisme

Après un long et difficile travail demandé à l’entreprise consultante PRODEPE, 12 PMT sont enfin achevé et validé sur les 13 municipalités prioritaires du Projet du Lac. Ces documents ont été construits dans le cadre de réunions menées dans chaque municipalité. A cette date, ils sont en cours d’adoption dans les conseils municipaux pour la mise en œuvre.

8. Voyage de formation avec des gestionnaires municipaux et des dirigeants locaux

Les 27 et 28 septembre 2017 un voyage a été réalisé à l’île Taquile/Urus-Pérou, dans le cadre du processus de formation et de renforcement identifié parmi les activités du Projet du Lac. Des personnes de 13 GAMs prioritaires y ont participés. L’identité culturelle ainsi que le patrimoine culturel/naturel profitent favorablement aux îles Taquile/Urus, favorisant l’apprentissage et l’expérimentation des personnes issues des communautés. Il a été produit à base d’une méthodologie et d’un programme d’activités et conclu par un formulaire d’évaluation. 

9. Formation à la gestion du tourisme communautaire

18 gestionnaires municipaux et des dirigeants locaux participent au cours de « Gestion et de planification du tourisme communautaire » développé par l’entité dénommée : Turismo Rural Bolivia y A-TEC S.R.L. L’activité a été développée par le biais de la plate-forme virtuelle où la thématique de l’enseignement a porté à l’utilisation d’outils méthodologiques permettant la gestion et la planification du tourisme rural communautaire en Bolivie.

10. La revalorisation de l’identité culturelle Aymara

Cette activité a été réalisée par le biais de la récupération de l’histoire orale avec approche archéologique dans 13 municipalités. Cette activité suit son cours et génère une forte attente par l’apport à la revalorisation de la culture et la possibilité de renforcer nos savoirs et connaissances dans les communautés. Il s’agit d’une activité qui, outre la collecte de l’histoire orale, implique également la création d’un plan qui permette d’organiser le concours de traditions orales au niveau des 13 GAMs dans la gestion 2018. 

11. Rencontre de femmes dirigeantes des 13 GAMs

Cet événement sera effectué dans la ville de La Paz avec les femmes membres des municipalités et des femmes des entreprises touristiques du Lac Titicaca. Cet événement vise à évaluer la contribution des femmes à la préservation et la conservation du patrimoine et l’identité culturelle depuis l’histoire orale avec approche archéologique à travers une rencontre qui, en même temps, renforce son efficacité dans les municipalités. 

12. Visibiliser le tourisme et le patrimoine

6 capsules vidéo de haute qualité ont été réalisées, promouvant la richesse patrimoniale du lac Titicaca et prochainement diffusées sur les réseaux sociaux du Projet du Lac et d’autres instances de communication. L’entreprise de cinéma Panoramique Terre est arrivée depuis la Belgique, pays partenaire, pour effectuer ces enregistrements.
 
Les activités du Projet du Lac se déroulent sur la base du document technique financier, avec la participation constante du Ministère des Cultures et du Tourisme, du Vice-Ministère de l’interculturalité/Unité d’archéologie et de musées et le Vice-Ministère de tourisme, en tant que points focaux du gouvernement national auprès de la Coopération Technique Belge, désignés pour la co-exécution du Projet du Lac. 

Les autorités originaires et municipales par le biais de ses conseillers, techniques de la zone dse 13 GAMs prioritaires ont été déterminants pour l’appui et l’accompagnement constant de toutes les activités menées jusqu’ici.

La gestion 2018, dernière année du Projet du Lac, permettra de consolider plusieurs activités.

Le Projet du Lac est co-exécuté par la CTB – Enabel et le Ministère de la Culture et du Tourisme (MCyT) à travers l'Unité d’Archéologie et des Musées (UDAM) du Vice Ministère de l'Interculturalité. Début 2016, le CTB a signé un accord de subvention avec l'Université libre de Bruxelles (ULB) qui délègue à cette université l'exécution des activités d'archéologie sousaquatique et la visibilité du Projet.

La mise en œuvre du Projet implique l'action coordonnée des différents acteurs engagés dans la gestion du patrimoine culturel archéologique et immatériel et du tourisme communautaire.

Les 13 gouvernements municipaux autonomes prioritaires et leurs habitants sont directement impliqués dans la mise en œuvre des activités du Projet du Lac. 

Le Projet est mis en œuvre dans le cadre de la nouvelle constitution politique de l'État (2009), de la loi sur l'autonomie et la décentralisation (2010), de la loi générale sur le tourisme (2012) et de la loi sur le patrimoine culturel bolivien (2014).