Patrimoine en danger

Qu'entend-on par patrimoine archéologique en péril ? Il s’agit du patrimoine dont toute action naturelle et/ou anthropique a modifié partiellement ou totalement un bien culturel associé à des pratiques culturelles préhispanique et/ou coloniales. Nous pouvons identifier les agents naturels tels que les précipitations, le vent, les températures extrêmes, l'humidité, etc. qui affectent d'une certaine manière la composition et la structure d'un bien culturel archéologique (qu'il s'agisse de biens mobiliers ou immobiliers).

Les activités humaines (activités anthropiques) sont également associées aux dommages ou à l'altération d'une partie ou de la totalité d'un bien archéologique, comme l'enlèvement de terres, la réutilisation de zones à des fins agricoles ou productives, le pillage sans scrupules, la destruction préméditée ou toute autre activité de travaux publics qui n'a pas pris en compte les actions visant à protéger le patrimoine archéologique et qui donnent lieu à des destructions.

Il est nécessaire d'ajouter à cette conceptualisation que la contamination et la production de déchets solides et liquides et l'absence de mesures visant à éliminer les déchets et la contamination de l'environnement en surface et sous la surface font également partie des mesures qui mettent en danger le patrimoine archéologique.  

En conséquence, il y a plusieurs actions naturelles et anthropiques qui mettent en danger le patrimoine archéologique, causant des dommages qui, dans certains cas, sont irréversibles.

La région circumlacustre du lac Titicaca a été identifiée comme l'une des zones les plus importantes de l'archéologie bolivienne en raison de la forte densité des sites archéologiques présents autour du lac Titicaca.

La présence d’une source d'eau aussi vaste a généré la présence d’établissements culturels qui reflètent une grande variété de sites archéologiques, y compris les plates-formes, les terrasses agricoles, les routes, les structures d'habitation, les zones cérémonielles, les peintures rupestres, les structures funéraires, etc.

Cependant, malgré cette diversification du patrimoine archéologique, les travaux de conservation, de mise en valeur et de protection n'ont pas permis d'éviter les risques auxquels ce type de patrimoine est exposé ; c'est pourquoi, dans certains cas, des altérations et des pertes partielles ou totales de ce que l'on appelle le patrimoine archéologique ont été identifiées.

Dans le cadre du Projet du Lac, une politique claire pour la protection et le soin du patrimoine archéologique a été initiée en prenant en compte le patrimoine terrestre et subaquatique. L'élaboration de lois municipales en faveur de la protection du patrimoine archéologique dans les 13 Municipalités concernées, l'identification de sites archéologiques en surface et sous la surface, la conservation du matériel culturel identifié dans la recherche archéologique subaquatique, la création d'un Centre de gestion régional du patrimoine ou la génération de travaux d'urgence dans les sites archéologiques ont permis d'une manière ou d'une autre le début d’actions pour faire face à cette situation du patrimoine archéologique dans la région du lac Titicaca Circum Lacustre de la Bolivie.

Il est vrai que les actions n'abordent pas tous les risques qui seraient identifiés au niveau du patrimoine archéologique, mais c'est le début d'un travail qui a déjà commencé et qui est visible et qui va grandir avec le temps en même temps que la population considère le patrimoine archéologique comme faisant partie de son identité, de son développement et de sa valeur culturelle.